Chirak est une province du gouvernement d'Ayrarat de l'Arménie historique. Elle avait un territoire de 3730 km2 (carte). La hauteur moyenne du plateau de Chirak au dessus du niveau de la mer est de 1530m. Le plateau est couvert de terre noire. Le plus grand fleuve traversant le Chirak est Akhourian, qui prend sa source au lac d'Arpi, divisant le plateau du Chirak en deux, et qui se jette dans dans le fleuve Araxe au sud.L'Akhourian a des affluents, qui irriguent la vallée.

Le territoire de la province historique du Chirak a été habité depuis l'ancien age de pierre .Sa faune,dont le caractère s'ébauche par les restes des animaux fossiles,et sa flore, ont été favorables à la chasse et à la cueillette.La prolifération d'obsidienne,de silex et de dacit étaient source de matieres premieres abondantes pour la fabrication des outils en pierre. A la fin du 4e millénaire av. J.C. au Chirak, commence l'age de bronze, lequel nous fournit de nombreux sites archéologiques: habitations, nécropoles, forteresses etc. Bien que, dans le Chirak les sites néolithiques n'aient pas encore été étudiés, la riche culture de bronze ancien semble etre, sans aucun doute, l'héritière de celle qui l'avait précédée. A l'age de bronze ancien,ces réalisations existent non seulement dans les régions prémontagneuses, mais aussi dans celles des hautes montagnes, situées à plus de 2000m.au dessus du niveau de la mer. A l'age de bronze moyen et nouveau (20-12 siecles av. J.C), se poursuit le grand essor de l'économie, de la culture, des relations sociales, ce qui est attesté par un grand nombre de monuments et trouvailles archéologiques.

Dés le 12eme siecle av. J.C. dans le Plateau arménien et dans le Chirak, on se met a exploiter le fer,ce qui a eu un impact essentiel sur le développement de l'économie et des relations sociales. Le labourage, l'élevage et les métiers fleurissent.

Au 9e siècle av.J.C. dans le bassin du lac de Van se crée l'Etat d'Ourartou, lequel, en pendant de sa puissance croissante, se met a conquérir et assujettir les tribus voisines, intégrant leurs territoires dans ses propres frontieres. Dans le Chirak sont conservées deux inscriptions cunéiforme du roi ourartien Arguichti I(/786-760 av.J.C) relatant la conquete et les butins de l'Eriakhi (Chirak).Les inscriptions faites par les rois d'Ourartou comprennent de riches informations sur la population, sur le labourage tres développé et sur l'élevage du Chirak.Selon une version, le mot Chirak proviendrait du nom Eriakhi des inscriptions ourartiennes.Apres la chute de l Etat ourartien le Chirak faisait partie du royaume arménien,et par la suite sera transformé en un gouvernement général de la Perse des Achéménides. L'un des sites les plus caractéristiques de la culture de cette époque est l'habitation antique de Beniamin, avec son palais de 5-eme siecle(/av. J.C.), ou se révele l'influence de la civilisation officielle achéménide.

Sous le dernier roi Ervand, à la fin du 3eme siecle av. J.C. la résidence royale se transfere de la capitale d'Armavir à la ville Ervandachat, nouvellement construite, qui se trouvait au sud du Chirak, à l'endroit ou confluent les fleuves Araxe et Akhourian.

Durant les années de la dynastie des Artashides (189-1 av. J.C.) l'Arménie connait un grand essor économique et culturel, et ,durant le règne de Tigrane le Grand(95-55 av. J.C.) ( carte),elle devient une puissance conquérante. Selon des sources écrites, le Chirak se liait avec les centres culturels des pays voisins par des routes commerciales de transit.Par exemple, la route Artashat- Sebastopolis qui passait par le Chirak et de la, en Géorgie et en Abkhasie. Cette route a conservé son importance au Moyen Age aussi.

Au début du 4e siecle apres l'adoption du christianisme comme réligion d'Etat en Arménie,et particulierement au Chirak commence à s'effectuer la construction d' édifices religieux de type nouveau, dont la basilique de Yererouik un des chefs-d'oeuvre architectural de l'Arménie du Haut Moyen Age. Apres la chute de la dynastie des Archakides et la conquete de l'Arménie par les Arabes, le clan de nakharars Kamsarakan continuait a exercer son pouvoir au Chirak. Sous ces seigneurs, le province connait un essor économique et culturel, ou se distinguent des intellectuels,des militaires, et ou se construisent des monuments architecturaux admirables.

Sous les Bagratides aux 9-11e siecles, le Chirak connait un nouvel essor. En 961, Ani est proclamé capitale et dans un court laps de temps devient l'une des villes les plus grandes et les plus remarquables de l'Orient. Aux 9-13e siecles, la population de la ville atteint 100.000 habitants. Le développement rapide d'Ani était conditionné par les différentes régions d'Arménie, ainsi que de Géorgie, d'Albanie caucasienne, d'Iran, de Mésopotamie, de Byzance, et des régions littorales de la mer Noire. Dans la ville fleurissaient les métiers, le commerce et la culture. Ani avait une vaste place de marché, plusieurs caravanserails et auberges (photo).

Depuis le milieu du 10e siecle au Chirak se perpétuent les activités des représentants du clan de nakharars Pahlavouni, qui ont joué un role important dans la vie politique, économique, militaire et culturelle du royaume des Bagratides. A Ani et au Chirak ils construisent des monasteres, des forteresses, des casernes etc,et favorisent le développement de l'éducation et de la culture. Les complexes de monasteres Haritch, Horomos, Khzkonk, Marmachen etc, lesquels étaient non seulement des centres spirituels et culturels, mais aussi des unités économiques et de production (photo).

Outre les monuments historiques et architecturaux, plusieurs inscriptions lithographiques témoignent aussi de l'activité créatrice des Pahlavouni au Chirak, et dans le monastere de Marmachen se trouvent leurs sépultures dynastiques.

Apres la chute du royaume des Bagratides, l'établissement de la domination byzantine (1045-1064) et par la suite celle des seldjoukides, la vie économique et culturelle au Chirak a connu un déclin. L'essor suivant du Chirak a eu lieu en 1199, apres la libération du joug des seldjouks et l'établissement de la domination des seigneurs Zakarian. Sous ces derniers, Ani et le Chirak connaissent un grand essor économique, commercial et culturel.

Dans cette situation, les pays nordiques commencent à prendre une grande part dans le commerce transcaucasien , des rapports étroits s'établissent avec les ports de la mer Noire, de la Pologne,de la Russie. L'essor de court terme du Chirak s'interrompit à la suite de la campagne des Mongols-Tartares, dont la domination dura jusqu'aux 13-14e siecles.

En 1555, selon le traité signé entre la Perse et la Turquie ottomane, l'Arménie se divisa entre ces deux pays: par le fleuve frontalier Akhourian, le Chirak se divise en deux parties, dont l'orientale passe à la Perse et l'occidentale,à la Turquie. Cet état de choses se maintint jusqu'au 19e siecle.Apres la guerre entre les Russes et les Perses en 1804-1813, selon le traité de Gjulistan, le Chirak passe à la Russie. En 1829-1830 beaucoup de familles arméniennes de Kars, de Karin et du Chirak occidental, se réfugient ici (photo).

En 1837, le tzar de Russie Nicolas Ier visite le Chirak. Pres du village de Gumri, sur la haute rive d'Akhourian fut construite une forteresse et citadelle russe, laquelle en honneur de l'impératrice fut nomméee Alexandropol, par la suite en 1924 Léninakan,et des 1992, Gumri.
En 1849, se forment le gouvernement d' Erevan et la province d'Alexandropol, dont les frontieres correspondaient en grande part, à la partie orientale du Chirak historique.La partie occidentale libérée par la suite, s'englobait dans la région de Kars.

La ville d'Alexandropol et la province du meme nom connaissent un essor en un court laps de temps. Selon le recensement de 1897, la province d'Alexandropol avait 120 villages avec environ 131 417 habitants. Bientot Alexandropol devint l'une des plus grandes et florissantes villes de Transcaucasie,et en 1899, apres la construction du chemin de fer, un carrefour important de transport. Au début du 20e siecle, la ville avait 51 000 habitants. S'y développent l'industrie, les métiers, le commerce, l'instruction publique et la culture.

La premiere guerre mondiale, les révolutions, l'intervention turque de 1918-20, qui s'accompagnaient de carnages et de pillages, ont disloqué l'économie de la province en causant une forte migration de dizaines de milliers d'hommes. L'occupation de la province de 1920-21 a été particulièrement dure. Apres l'é'tablissement du pouvoir soviétique et de la paix, commence une nouvelle phase de développement.

Depuis 1924 Alexandropol est rebaptisée Léninakan, et sa province devient celle de Léninakan,qui se dissout en 1930. Apres une nouvelle division territoriale, le Chirak oriental se répartit en 5 cantons.
En 1926 y habitaient 165000 personnes, et en 1988 ,361 000. Furent développés l'économie, la science et la culture.Cela a duré jusqu'en 1988, jusqu'au tremblement de terre dévastateur et au démantelement de l'URSS.

Avec une nouvelle division territoriale de la république d'Armenie, dans le meme territoire se constitue le marz (région) de Chirak (carte).

Le monastere de Harich

Paysage de Shirak

La montagne d'Aragats

Rangs mégalitiques

Les ruines d'Ani

Le monastere de Marmashen

La riviere d'Akhurian

Le lac Arpi

Croix en pierre